top of page
Rechercher

Les piliers de l’ICV : 2. la sécurisation de l’attachement

  • Photo du rédacteur: Céline Lemasson
    Céline Lemasson
  • 5 mai
  • 3 min de lecture

Série d'articles sur les piliers de l'ICV - 2/3


Dans certaines thérapies ICV, nous sommes amenés à aller explorer des situations passées, car c’est notre expérience qui nous amène à évaluer notre présent. Le plus souvent il est pertinent d’aller à la base, dès la prime enfance, car les expériences suivantes sont souvent une réactualisation du vécu enfantin.



Pour grandir, un enfant n’a pas seulement besoin de nourriture: il a un besoin vital de liens. L’adulte qui prend soin de lui devient son point de repère, sa "figure d’attachement". Pourquoi cette présence est-elle si cruciale ?


Sur le plan biologique, le bébé naît avec un cerveau émotionnel (système limbique et amygdale) déjà très actif, alors que son cerveau de la réflexion (cortex) est encore immature. Tout ce que le bébé vit — les câlins, les silences, les peurs ou les joies — s’imprime directement dans sa mémoire implicite. C’est une mémoire "du corps" et des sensations, sans mots, qui est la base de son intelligence émotionnelle.

Lorsqu’un adulte, en particulier sa figure d’attachement, apaise les tempêtes émotionnelles du petit enfant, il l'aide à construire ses propres "lunettes" pour regarder la vie.


Ces lunettes deviennent une boussole inconsciente qui répond à trois questions fondamentales :
·Sur lui-même: Est-ce que je mérite d'être aimé et écouté ?
·Sur les autres: Puis-je leur faire confiance quand j'ai besoin d'aide ?
·Sur le monde: Est-ce un endroit sûr que je peux explorer sans crainte ?

On distingue donc 2 grands types d’attachement : l’attachement sécure et celui insécure (qui lui-même peut être évitant, anxieux, désorganisé… )


Exemple d’attachement sécure : Angélique, 2 ans est née dans une famille avec des parents proches aimants et bienveillants. Elle est très attirée par la poupée que tient sa grand sœur et cherche à lui prendre. Sa maman intervient et l’empêche d’obtenir la poupée. Angélique pleure de frustration. Sa mère s’attache alors à compatir avec sa peine « je vois bien comme c’est frustrant pour toi, tu as le droit d’être en colère »  tout en maintenant fermement le cadre « mais ce n’est pas négociable, pour le moment c’est Lily qui joue avec ». Elle lui propose un autre jouet et un câlin au passage. Avec son cerveau immature, Angélique comprend qu’elle ne peut pas tout avoir mais que pour autant les émotions qu’elle ressent ont de l’importance. Cela rassure Angélique.

Plus tard, lorsqu’à 21 ans, Angélique sera malheureuse car sa meilleure amie l'aura délaissé, elle  :

-  sera capable d’identifier son émotion, sans se juger.

- saura s’apporter la sécurité elle-même dont elle a besoin.

- agira avec justesse en s’adaptant à la situation. Si elle décide d’exprimer son ressenti, elle saura le faire sans peur et sans honte.  


Exemple d’attachement insécure :  Romain,  2 ans, essaie de construire une tour de cubes. Elle s'écroule. Il s'énerve et pleure. Son père, impatient, finit la tour à sa place en disant : « Laisse, tu n'y arrives pas, je vais le faire ». Romain intègre que dès qu'une difficulté surgit, il est incompétent. Ses "lunettes" lui disent : "Je ne suis pas capable de réussir seul".

Plus tard,  à 35 ans, Romain se voit proposer une promotion avec de nouvelles responsabilités. Devant le nouveau logiciel qu'il ne maîtrise pas encore, son système nerveux panique. Il sait intellectuellement qu’il a les compétences, mais se sent terrifié par ce challenge : Il n’en a pas conscience, mais son cerveau a sorti de la bibliothèque l’expérience de la tour de cubes, et son corps revit l'impuissance devant les cubes.

En thérapie ICV, nous allons voir le petit Romain et ses cubes pour lui dire : « Tu as le droit de rater, tu es en train d'apprendre ». On redonne de la compétence au système nerveux. Progressivement dans des situations similaires,  Romain saura se réguler.


A noter que le propos en thérapie n’est pas de juger la qualité du soin des figures d’attachement, qui ont fait avec leur propre histoire de vie, mais bien de se concentrer sur le vécu intérieur. Ce qui crée la sécurité, ce n'est pas l'absence de stress, mais la capacité du parent à réparer rapidement la rupture de lien (revenir vers l'enfant après s'être énervé, par exemple).

L’ICV, avec les répétitions de la ligne de souvenirs, montre au système nerveux que l'enfant effrayé a grandi et que désormais il est adulte et peut réussir. Pour cela, la présence du thérapeute, calme et sécure permet progressivement de se coréguler, et au fur à mesure des séances de se réguler de manière autonome.


On ne change pas l’enfance que l'on a eue, mais on change son impact sur notre vie actuelle.


Références:


·       Bowlby, J. (2002). L'Attachement. PUF.

·       Pace, P. (2014). Pratiquer l'ICV. Dunod.

·       Smith, J. et al. (2017). L'intégration du cycle de la vie. Dunod.

 
 
 

Commentaires


bottom of page