top of page
Rechercher

Les piliers de l’ICV : 3. L’intégration neurobiologique

  • Photo du rédacteur: Céline Lemasson
    Céline Lemasson
  • il y a 4 jours
  • 4 min de lecture

Série d'articles sur les piliers de l'ICV - 3/3


L’ICV se distingue par une approche dont l'efficacité est validée par les neurosciences. Son action repose sur la répétition de la ligne de souvenirs, un processus qui permet de consolider de nouveaux circuits neuronaux. Découvrez comment ces répétitions, soutenues par la présence régulatrice d'un thérapeute, permettent de restaurer une sécurité intérieure durable.



Cette transformation biologique s'appuie sur un principe fondamental de la plasticité cérébrale : la loi de Hebb.


« Les neurones qui s’activent ensemble se connectent ensemble». 


Les neurones sont comme des randonneurs dans une forêt dense : Si un randonneur passe une fois, il ne laisse aucune trace. Si des dizaines de randonneurs passent au même moment et répètent le même trajet, ils finissent par créer un sentier bien visible.


Exemple : Thomas a 3 ans. Ses parents se disputent violemment et bruyamment dans la pièce d'à côté, comme souvent. Des objets tombent, les voix crient. Thomas est seul dans son lit, pétrifié. Personne ne vient lui dire qu'il est en sécurité ou lui expliquer que ce n'est pas sa faute. Son système nerveux enregistre que le monde est imprévisible et dangereux, et qu'il est seul pour y faire face. Ses neurones "Bruit fort" et "Danger de mort" se câblent ensemble.

Thomas a 23 ans. Il travaille dans un bureau en open-space. Un collègue claque une porte un peu fort ou s'énerve derrière son écran. Pour n'importe qui, c'est juste un bruit. Pour Thomas, c'est une alerte rouge. Il perd sa concentration, son cœur bat la chamade, il devient irritable ou s’isole. En effet, son neurone « bruit fort » et son neurone « danger de mort » s’activent en même temps et ce n’est pas la première fois. Son cerveau droit a fait un pont direct entre le bruit de la porte et la terreur de ses 3 ans. Il ne réagit pas à son collègue, il réagit à l'impuissance du petit garçon qu'il était.


psychologue sainte hermine saint jean d'hermine chantonnay moutiers sur lay lucon sainte gemme la plaine nalliers saint étienne de brillouet ICV

Allan Schore a quant à lui, mis en évidence un autre principe fondamental à travers ses travaux sur l’hémisphère droit, validé par des imageries médicales. Il a démontré que durant les deux premières années de vie, c'est le cerveau de l'émotion, de l'intuition et du lien non-verbal qui domine (qu'on appelle par facilité le cerveau droit). Le bébé ne comprend pas les mots, mais il décode le rythme cardiaque du parent, l'expression du visage, le ton de la voix.


Il y a alors un échange d'influx nerveux entre l'hémisphère droit du parent et celui de l'enfant. 


Schore explique que le cerveau d'un bébé est incapable de se calmer seul. Il a besoin d'un "tuteur" (le parent) pour faire redescendre son stress. Si ce tuteur est efficace, le cerveau de l'enfant finit par construire ses propres circuits de régulation.

"L'attachement n'est pas seulement une question de proximité physique, c'est une régulation synchronisée des états émotionnels entre deux cerveaux." 
Allan Schore

En thérapie ICV, ses 2 théories sont appliquées concrètement :


·       La répétition des souvenirs :  On crée un nouveau sentier dans la forêt dense. En séance, lorsqu’on fait défiler la ligne du temps, on va activer simultanément 2 neurones qui n’avaient pas l’habitude de travailler ensemble : le neurone du souvenir difficile et le neurone de la sécurité. Le cerveau "voit" le souvenir tout en "ressentant" la sécurité de la co-régulation avec le thérapeute. Selon la loi de Hebb, à force de répéter ce passage, le cerveau crée un nouveau sentier. Le souvenir n'est plus relié à la "Panique", il devient relié à la "Sécurité". C'est pour cela qu'après plusieurs séances d'ICV, j’entends parfois mes patients l’exprimer clairement "Je me souviens de ce qui s'est passé, mais mon corps ne tremble plus, c'est comme si c'était bon, c'est fini". Les neurones du souvenir ne déclenchent plus les neurones de l'alerte.


·       La ligne lue par le thérapeute :  En séance, le patient s’appuie sur le système de régulation du psychologue pour stabiliser le sien : c'est la co-régulation. Par une connexion « cerveau droit à cerveau droit », ces deux systèmes s'accordent pour câbler une sécurité qui a manqué par le passé. Cette posture exige du thérapeute un travail personnel et une supervision régulière, garantissant ainsi un « tuteur » émotionnel stable et sécurisant pour permettre au patient de restaurer ses propres fondations.


 "La santé mentale ne réside pas dans l'évitement du stress, mais dans la capacité à passer d'un état de dérégulation à un état de régulation grâce à l'autre."
Allan Schore

À travers ces trois piliers — la régulation, l’attachement et l'intégration neurobiologique — nous découvrons que notre passé n'est pas une fatalité.

Si nos premières expériences ont sculpté nos "lunettes" pour regarder le monde, les neurosciences nous prouvent aujourd'hui que rien n'est figé.

En associant la puissance de la Ligne du Temps à la sécurité d’un lien thérapeutique solide, l'ICV permet de désamorcer les vieux réflexes de survie pour installer une stabilité durable.

Travailler en ICV, c'est passer d'un corps qui subit le passé à un esprit qui habite pleinement son présent.


Références :

·       Smith, J. (2021). La psychothérapie de l'attachement. Paris : Dunod.

·       Pace, P. (2003). Lifespan Integration: Connecting Ego States through Time. Lifespan Integration Editions.

·       Pace, P. (2012). The Neurobiology of Lifespan Integration. Lifespan Integration, LLC.

·       Schore, A. N. (2019). Right Brain Psychotherapy. New York : W. W. Norton & Company.

·       Schore, A. N. (2003). Affect Regulation and the Origin of the Self: The Neurobiology of Emotional Development. Hillsdale : Lawrence Erlbaum Associates.

·       Siegel, D. J. (2020). La neurobiologie de l'IPNB : Une approche interpersonnelle de l'esprit. Paris : De Boeck Supérieur.

 
 
 

Commentaires


bottom of page